Message aux Français de passage de l’Ambassadeur de France et des 3 consuls généraux

Nombreux sont les Français de passage en Algérie qui manifestent auprès des 3 consulats généraux et de l’Ambassade de France en Algérie leur inquiétude quant à l’incertitude qui entoure la possibilité de rentrer en France. Nous comprenons ces inquiétudes, qui sont légitimes, et nous souhaitons leur apporter plusieurs clarifications :

La crise sanitaire que nous traversons est exceptionnelle par sa durée, inédite par sa nouveauté et son incertitude, planétaire. Seules des restrictions strictes sur la mobilité des personnes peuvent permettre d’endiguer la pandémie, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé. Les liaisons aériennes et maritimes avec la France ont été suspendues par les autorités algériennes à compter du 17 mars dernier. Le même jour, les frontières extérieures Schengen étaient fermées. Alors que plusieurs centaines de vols reliaient chaque semaine l’Algérie et différentes villes en France avant la pandémie, l’espace aérien algérien est aujourd’hui fermé et les liaisons maritimes suspendues. C’est un fait.

Dans ce contexte, nos autorités ont demandé la mise en place de vols commerciaux exceptionnels de l’Algérie vers la France. Ces vols, qui sont des vols commerciaux et non des vols gouvernementaux, sont rendus possibles grâce à des autorisations spéciales délivrées par les autorités algériennes. Lorsque ces autorisations sont accordées, l’organisation de ces vols dépend entièrement de la capacité des compagnies aériennes à les mettre en œuvre. Elles sont elles-mêmes soumises à des contraintes fortes (disponibilité des équipages et des personnels au sol dans le contexte de confinement en France, sécurité de ces mêmes personnels etc.)

Ces vols commerciaux et exceptionnels (Alger- Paris et Oran-Paris) restent en nombre très limité. De 1 à 2 par semaine au début de la crise, la fréquence des vols a pu récemment être augmentée à 5 vols par semaine grâce aux efforts des autorités françaises et algériennes et de la compagnie Air France. Au total, depuis le 17 mars, ces quelques vols ont permis le retour en France de 6.099 passagers. Il faut le savoir.

Ni l’Ambassade, ni les consulats généraux n’ont échappé aux conséquences de la crise sanitaire. Les 2/3 de nos personnels sont soit bloqués en France en raison de l’absence de liaisons aériennes, soit confinés à leur domicile. Nombreux parmi les agents expatriés sont ceux qui, comme vous, vivent séparés de leur famille bloquée en France dans l’angoisse de l’incertitude. Nos postes consulaires comme l’ambassade fonctionnent donc avec des effectifs réduits. Pourtant, les personnels de l’ambassade de France et de nos 3 consulats généraux sont restés mobilisés 7 jours sur 7. Ils ont répondu à plus de 15.000 appels et 60.000 mails depuis le 17 mars. Il ne faut pas se méprendre sur leurs missions : ils ne vendent pas de billets d’avion, ils ne font pas non plus de réservations, ils ne remplissent pas les avions. La mission des services consulaires est d’apporter une réponse aux situations d’urgence qui leur sont signalées. Chaque cas est examiné avec la plus grande attention afin d’identifier les urgences sanitaires ou sociales et leur apporter le soutien nécessaire localement. Nos ressortissants en situation d’urgence sanitaire, dont la prise en charge est impossible localement, sont évidemment signalés à Air France qui prend en compte leur cas selon ses possibilités.

Dans ce contexte d’incertitude, nous invitons les Français de passage à la responsabilité. Beaucoup sont dans un pays dont ils possèdent parfois la nationalité et souvent de la famille, ce qui veut dire qu’ils ne sont pas totalement isolés. Tous ceux qui n’ont pas de problème de santé alarmant justifiant une prise en charge urgente impossible en Algérie, tous ceux qui peuvent rester en Algérie, notamment ceux qui y ont leurs familles, et tous ceux qui n’ont pas de raison vitale de rentrer urgemment en France sont invités à faire preuve de patience. Compte tenu de la fréquence des vols, le retour en France pourrait prendre plusieurs semaines. Nous sommes conscients qu’il s’agit pour beaucoup de nos ressortissants d’une situation difficile et d’un sacrifice, mais les mesures similaires prises par la plupart des gouvernements sont la seule manière de triompher de ce fléau. Beaucoup considèrent que « ce n’est pas normal ». C’est vrai : ce n’est pas normal. Encore une fois, la situation que nous vivons est exceptionnelle, inédite et planétaire. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères continue d’explorer activement toutes les pistes possibles pour augmenter la fréquence des liaisons exceptionnelles entre l’Algérie et la France. Celle-ci repose pour le moment exclusivement sur les moyens mis en œuvre par une compagnie française, fait que personne ne peut contester, et qui est le fruit du travail conjoint des autorités françaises, algériennes et d’une compagnie privée. Nous espérons qu’il pourra y avoir des solutions aériennes supplémentaires et éventuellement une ou plusieurs liaisons maritimes. Ceci ne dépend évidemment pas de l’ambassade, mais vous serez bien sûr informés.

L’Ambassadeur de France en Algérie, le Consul général de France à Alger, le Consul général de France à Annaba et Constantine, le Consul général de France à Oran.

publié le 28/06/2020

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