Jumelage européen pour l’insertion des personnes handicapées [ar]

Intervention de M. Bernard EMIÉ
Ambassadeur,
Haut Représentant de la République Française en Algérie

Cérémonie de lancement du Jumelage Institutionnel
« Appui au renforcement des capacités du Ministère de la Solidarité Nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme (MSNFCF) dans sa stratégie globale pour favoriser l’insertion des personnes handicapées dans le milieu du travail »


Alger, dimanche 23 avril 2017

Madame la Ministre de la de la Solidarité Nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme,

Monsieur le Directeur d’Europe du Ministère des Affaires étrangères, Représentant du Ministre d’Etat, cher Ali Mokrani,

Monsieur l’Ambassadeur de l’Union européenne en Algérie, cher John O’Rourke,
Monsieur le Directeur de l’UGP3A,

Monsieur le Représentant de l’UNICEF,

Mesdames et Messieurs, les Hauts Fonctionnaires et Experts algériens, européens et français,

Mesdames et Messieurs les Présidents et Représentants des Associations qui interviennent dans le domaine du Handicap,

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux, aujourd’hui, de prendre part à la cérémonie de lancement du jumelage institutionnel européen dans le domaine de l’employabilité des personnes en situation de handicap, jumelage dont les travaux sont déjà bien engagés.

Le jumelage est un outil de coopération institutionnelle unique car il fait travailler ensemble partenaires européens et algériens en permettant, par le partage de bonnes pratiques, de répondre de manière opérationnelle et adaptée aux attentes algériennes. La France participe en Algérie à de très nombreux jumelages, en apportant ces meilleurs experts pour faire en sorte que ces jumelages effectivement produisent des résultats qui ensuite s’inscrivent dans la durée, au-delà simplement du temps du jumelage.

Aujourd’hui, le jumelage « Appui au renforcement des capacités du Ministère de la Solidarité Nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme (MSNFCF) dans sa stratégie globale pour favoriser l’insertion des personnes handicapées dans le milieu du travail » piloté par la Délégation aux Affaires Européennes et Internationale du Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social la France dont je salue le représentant, mon ami et camarade de promotion de l’ENA, Monsieur Jean-Yves HOCQUET et notre opérateur Expertise France représenté par son responsable du Pôle Protection Sociale Monsieur Andreï TRETYAK. Ces deux entités mettent à la disposition de l’administration algérienne une expertise unique en Europe dans le domaine de l’employabilité des personnes en situation de handicap.

Les experts algériens pourront aussi compter sur les savoir-faire de leurs homologues français qui les accompagneront afin de renforcer les capacités de l’Algérie dans ce domaine essentiel, dans toute société développée, de l’insertion réelle dans la société des personnes fragilisées. C’est vrai, l’insertion passe d’abord par la dignité au quotidien et par l’emploi. Il faut avant tout donner une place au sein de la société active aux personnes en situation de handicap.

Pour ce projet, il sera essentiel de partir des besoins exprimés par les différents acteurs, et en premier lieu par les pouvoirs publics, mais aussi par la sécurité sociale et par la société civile en général. Une étude préalable réalisée par le ministère de la Solidarité nationale a ainsi mis en exergue un écart important entre ce que proposent les textes réglementaires et leurs modalités d’application. C’est une problématique que la France a également rencontrée, et qu’elle n’a surmontée que grâce à une volonté politique de changement extrêmement puissante, avec notamment plusieurs lois fondatrices en 2002, 2005 sous l’impulsion du Président Chirac, qui avait fait de l’amélioration de la situation des handicapés une grande cause nationale, puis d’autres lois en 2016 et 2017, sous l’impulsion du Président Hollande, qui ont permis de nous mettre au niveau des standards internationaux.

Un autre thème où nous avons une expertise à apporter est celui du parcours de la personne confrontée à des difficultés d’insertion professionnelle du fait d’un handicap. L’un des enjeux du partenariat est de prendre en compte les besoins individuels de la personne handicapée. La France a une expérience en la matière, avec la loi de 2005 et l’implantation de 100 Maisons Départementales du Handicap en France.
Sur ces deux thèmes prioritaires, nous avons une expertise à partager.

C’est pourquoi ce projet est basé sur le principe de la co-construction, sur la base d’échanges entre d’une part des experts qui, en France ont été eux même acteurs de ces changements, en ont tiré des enseignements sur ce qu’il serait intéressant de proposer, de développer, de faire… ou au contraire d’éviter de faire, pour que nos erreurs, vous ne les commettiez pas dans cette phase de développement ; et d’autre part des experts algériens connaissant parfaitement leurs dispositifs, leurs leviers et leurs capacités d’action, fortement impliqués dans le projet avant même son démarrage.

La richesse de ces échanges, illustrés de voyages d’étude, de séminaires, donneront naissance à la construction d’idées, de création de dispositifs, de propositions déjà concrètes.

Mais cette coopération institutionnelle ne pourra pas faire l’impasse d’un acteur majeur de la question du handicap, qui est la société civile. Je me permets de saisir l’occasion de cette intervention pour saluer le travail des associations algériennes, et j’en connais beaucoup, et notamment l’association d’entraide populaire familiale en faveur des handicapés mentaux. C’est une belle institution, ancienne et respectée par tous, longtemps dirigée par la grande personnalité qu’est Madame Marie Thérèse BRAU, que beaucoup ici connaissent et je tiens à féliciter son admirable directrice générale, Mme Sida KORICHE, qui est présente parmi nous ce matin et que je salue chaleureusement. Mais je pourrais en citer beaucoup d’autres, que j’ai vu sur le terrain et qui sont exemplaires de ce dévouement, de cet engagement, de cette générosité, de ce temps passé au service des plus faibles dans notre société. Vous savez, Monsieur l’Ambassadeur, vous recevez l’action d’Handicap International, ils sont déjà très présents en Algérie et je suis très heureux que nous puissions aussi travailler avec eux.

Je voudrais enfin assurer à la Docteure JAY-RAYON, conseillère résidente jumelage tout le soutien de l’Ambassade de France en Algérie dans sa belle, exigeante et passionnante mission.

Je vous souhaite, à toutes et à tous, une excellente cérémonie de lancement et le meilleur pour la suite de ce jumelage auquel la France avec l’UE, est fière d’apporter sa contribution et son expertise.

Je vous remercie.

publié le 10/05/2017

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