Interview exclusive de François Lacombe, DG de Danone Algérie, pour la revue Binatna [ar]

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Après 15 années de présence en Algérie, quel bilan faites-vous ?

Très positif. Danone, associé à la famille Battouche, s’est installé en Algérie dans la gamme des produits laitiers frais en 2001, en créant Danone Djurdjura Algérie.
Nous sommes aujourd’hui le deuxième acteur de cette catégorie sur le marché local avec 30% de parts de marché. Nous produisons 100% de nos produits localement dans nos usines d’Akbou et de Blida.
Nous hébergeons 1200 collaborateurs et avons développé un réseau de 1500 fermiers sur 17 wilayas pour la collecte de lait. Nos partenaires de distribution emploient environ 1000 personnes. Cela représente un écosystème de 5000 à 6000 personnes travaillant pour Danone.
Je rajouterais que nous avons investi, sur les 3 dernières années, 110 millions d’euros. Investissements que l’on doit considérer comme un gage de confiance en notre avenir ici.


Pouvez-vous nous décrire votre stratégie d’approvisionnement en lait frais local ?

Nous estimons qu’il faut renforcer notre collecte en adoptant une approche sociale, en fonction de la taille de chaque exploita-tion. Nous avons créé des domaines de développement des compétences pour permettre à l’éleveur de disposer des outils et des fonds nécessaires au développement de son activité.
Plus en amont, nous travaillons en partenariat avec des céréaliers et des chercheurs sur la réduction des coûts imputés à l’alimentation du bétail, en remplaçant les additifs alimentaires importés par une avoine locale pluviale. Nous avons des projets pilotes très prometteurs dont les premiers résultats indiquent une réduction de coûts de 40% et une amélioration des revenus des fermiers de 70%.

Quels sont vos projets sociétaux en Algérie ?

Danone développe deux principaux projets sociaux en Algérie : H’lib Dzaïr et Danone Nations Cup.
Nous nous sommes interrogés sur la meilleure façon de structurer la filière laitière, d’améliorer les revenus du fermier et d’assurer par conséquent la fourniture de lait. Dans ce but, nous avons monté le projet H’lib Dzaïr, un projet sociétal co-financé par le fonds Danone « écosystème ». Ce fonds, doté d’une enveloppe de 100 millions d’euros pour structurer des filières amont ou aval dans le monde entier, en plus de contribuer financièrement aux initiatives, s’assure que les projets aient un fort impact social et environnemental ainsi qu’une pérennité financière. A terme, ce projet a vocation à se transformer en système d’économie sociale pérenne.
Quant à la Danone Nations Cup, elle répond au souhait de Danone de promouvoir auprès des jeunes nos valeurs fondatrices : la santé, une bonne hygiène de vie, la famille. Pour cela, nous organisons en Algérie un grand tournoi sportif auquel participent 100.000 enfants. Les meilleurs joueurs représentent leur pays au tournoi mondial. En octobre dernier, la finale a eu lieu au stade de France à Paris. J’y étais en compagnie d’enfants vainqueurs du tournoi algérien originaires de Chlef. Je peux vous garantir qu’il y avait beaucoup d’émotion et de fierté !


Quels sont vos projets et perspectives pour les années à venir en l’Algérie ?

Nous co-construisons notre futur avec et autour de la famille algérienne, la santé et l’alimentation. Nous nous intéressons à la sociologie de l’alimentation en Algérie et travaillons notre innovation en ce sens : comment améliorer nos produits de façon à apporter aux familles plus de plaisir associé à une notion d’équilibre alimentaire et de qualité.
Nous sommes convaincus que par cette approche très centrée sur les familles et les pratiques locales, combinée à l’expérience de Danone dans le domaine de la recherche et du développement, la qualité et la construction de marques, les perspectives pour les années à venir sont très positives.

publié le 27/06/2017

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