Discours à l’occasion de la projection du documentaire "Alger, la Mecque des révolutionnaires"


Intervention de M. Bernard EMIÉ
Ambassadeur,
Haut Représentant de la République Française en Algérie

à l’occasion de la projection du documentaire
« Quand Alger était la Mecque des révolutionnaires »


Alger, IFA, lundi 24 avril 2017, 20h00

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Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

M. Ben SALAMA, réalisateur,

M. Amirouche LAIDI, producteur, Directeur de Version Originale,

M. Stanislav Demidjuk, grand témoin,

Mesdames et Messieurs,

C’est une soirée un peu particulière que l’IF Alger organise ce soir, sur l’excellente recommandation d’Amirouche LAIDI, producteur, qui a bien voulu venir présenter ce film récemment diffusé sur Arte et que je salue chaleureusement pour son initiative et l’idée de cette soirée qu’il nous a proposée.

En effet, c’est une page passionnante de l’histoire de l’Algérie que nous allons découvrir - ou redécouvrir pour ceux qui l’ont connue et vécue. Au lendemain de sa propre lutte pour son indépendance, l’Algérie a occupé une place très particulière dans les années 60 et 70 sur la scène politique internationale. De 1965 à 1970, la plupart des révolutionnaires du monde entier et autres figures du tiers-monde et du non-alignement font le voyage d’Alger, y séjournent, y tiennent conférences et meetings, s’y réfugient lorsqu’ils sont pourchassés, ce qui fait dire au leader indépendantiste de Guinée-Bissau, Amilcar Cabral : « les catholiques ont Rome, les musulmans, La Mecque, les juifs, Jérusalem, les révolutionnaires, Alger ». Le soutien d’Alger est large : politique, diplomatique, logistique, stratégique, financier …

Nous allons revivre, grâce à ce documentaire, cette période foisonnante, brillante, complexe de notre histoire diplomatique commune. Voir vivre aussi les grands acteurs de cette période. Les Présidents Ben Bella et Boumèdiene, le ministre des Affaires étrangères Bouteflika, mais aussi tant de ces grandes figures historiques pour lesquelles Alger était en effet une référence, une protection, parfois un refuge et un havre de paix pour leurs familles et souvent une source d’inspiration dans le cadre des luttes pour les Indépendances, notamment sur le continent africain. Alors, oui, nous allons rencontrer Nelson Mandela, Fidel Castro, Che Guevara, Amilcar Cabral, Elridge Cleaver et Yasser Arafat parmi tant d’autres.

Pour restituer cette période si foisonnante, il fallait le talent et la finesse d’analyse d’un producteur tel que M. Ben Salama. Journaliste, auteur et réalisateur français d’origine algérienne, cher M. Ben Salama, vous êtes resté attaché à vos racines et avez longtemps travaillé sur l’histoire de votre pays, dont « 1954, la fin d’un monde » avec le très grand historien Benjamin Stora. Vous avez aussi réalisé un récent documentaire passionnant sur la Nouvelle-Calédonie en vous attachant au processus de dialogue qui a permis l’évolution de ce territoire.

Nous avons aussi le plaisir d’accueillir un témoin important de cette période, Stanislav Demidjuk, historien des Brigades internationales, poète, essayiste, engagé… Vous nous livrerez, cher Monsieur, votre analyse de cette époque et des sillons qu’elle a permis de creuser encore jusqu’à aujourd’hui et animerez aussi le débat après la projection qui suscitera sûrement de nombreuses questions.

Je voudrais en conclusion, et devant tant de diplomates de haut rang réunis à l’Institut français, souligner que loin de se limiter à cette époque, l’influence de l’Algérie sur la scène diplomatique internationale, continue d’être majeure aujourd’hui.
Cette Algérie qui se veut exportatrice de stabilité ; cette Algérie qui, avec la France et tant d’autres, a arraché l’Accord d’Alger sur le Mali en juin 2015 ; cette Algérie qui œuvre inlassablement pour la stabilisation de la Libye avec toute la communauté internationale ; cette Algérie qui souhaite renforcer les liens de solidarité entre les pays de la Méditerranée comme avec l’Union européenne ; cette Algérie qui reste aujourd’hui un acteur important de la scène internationale et pour nous, au terme du mandat du Président Hollande, un partenaire d’exception avec lequel nous n’avons cessé de développer des relations stratégiques, de coopération, de lutte conjointe contre le terrorisme. Des relations d’amitié et de confiance, comme l’a encore montré la récente visite de notre Premier ministre, Bernard Cazeneuve, le 10 avril dernier, à quelques jours de nos élections présidentielles.

Alors à toutes et tous, je souhaite une passionnante et excellente soirée.

publié le 27/04/2017

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