Discours de l’Ambassadeur - Installation du Groupe d’amitié France-Algérie [ar]

Nous sommes là pour installer le groupe d’amitié.

C’est l’occasion de ne parler que d’amitié, même si je suis sûr que certains aimeraient m’entrainer sur d’autres terrains.

Je crois que c’est un moment très particulier dans nos relations bilatérales et relations parlementaires Algérie-France et je vais m’en expliquer.

D’abord, ce groupe d’amitié a toujours été - et il a pour vocation d’être - le reflet de la densité et de la profondeur des relations entre la France et l’Algérie, relations qui n’ont pas d’équivalent, et le Président Si Afif – et Madame la Présidente me disaient tout à l’heure que vous êtes le groupe d’amitié le plus nombreux par ses parlementaires, cet après-midi, ce sera le groupe Algérie-Japon qui est plus restreint d’après ce que je comprends.

Donc c’est un groupe d’amitié qui reflète effectivement la densité de notre histoire commune.

Densité et profondeur de notre histoire, densité et profondeur aussi de notre démographie commune, car c’est une population de plusieurs millions de personnes, à la fois algériennes et françaises, qui sont un trait d’union entre nos deux nations.

A cela s’ajoute, bien-sûr, les échanges intenses entre nos pays, notamment dans le domaine de la recherche et de l’enseignement supérieur, avec 26.000 étudiants algériens en France et je recevais tout à l’heure en venant vers vous un message de notre Conseiller culturel qui me disait que les dernières statistiques ont fait part du fait que les étudiants Algériens ont dépassé le nombre d’étudiants chinois, en faisant aujourd’hui le premier groupe d’étudiants en France.

Densité et profondeur, enfin, de nos territoires culturels communs, et ils sont nombreux, qu’il s’agisse de la langue, de la littérature, des arts, du cinéma ou du sport. Je veux rappeler aussi que les plus grandes plumes de la littérature francophone sont bien souvent algériennes de Kateb Yacine, Mohamed Dib et Assia Djebbar à Kamel Daoud, Kaouther Adimi ou Adlène Meddi pour ne citer pour ces derniers que les écrivains qui ont remporté des prix en France au cours de l’année écoulée.

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Le groupe d’amitié, votre groupe d’amitié, c’est aussi l’un des creusets de notre dialogue bilatéral.

Il s’agit d’abord d’un cadre privilégié de dialogue entre nos deux nations sur les questions régionales et au-delà, sur l’ensemble des questions européennes, méditerranéennes, africaines et plus largement internationales qui ont vocation à faire l’objet d’échanges et de débat entre les deux groupes d’amitié, tant la diplomatie algérienne est active elle aussi dans les instances internationales et sur ces sujets.

Pour mémoire, une conférence sur le Sahara occidental avait été par exemple organisée à l’Assemblée nationale en avril 2016 à Paris, à laquelle une délégation de votre groupe d’amitié avait participé.

Ce sont aussi les enjeux économiques, la question des investissements, de l’emploi, qui sont au cœur de nos relations économiques.

Enfin les groupes d’amitiés sont des laboratoires d’idées essentiels pour nourrir la relation bilatérale et lui donner une impulsion plus en phase avec la réalité de nos sociétés.

C’est ce que permet, l’a rappelé le Président de la Commission des Affaires étrangères, la grande commission parlementaire créée entre les deux assemblées en 2013, dont la troisième et dernière édition s’est tenue en juin 2016.

M. Bartolone était venu à Alger à cette occasion et la prochaine session se tiendra à Parisen décembre.

Pour illustrer ce rôle d’aiguillon de la relation bilatérale que peuvent avoir et que vous devez avoir mesdames et messieurs les députés, je pense notamment côté français au mathématicien et député Cédric Villani, qui est membre du groupe d’amitié France-Algérie, qui est venu à Alger il y a quelques mois et dont le travail en tant que député et en tant que mathématicien a été essentiel dans le domaine mémoriel et dans la reconnaissance la semaine dernière par le président de la République de la responsabilité des autorités françaises dans la mort du militant communiste Maurice Audin et de toutes les victimes, essentiellement algériennes, de la torture pendant la guerre d’indépendance.

C’est un pas important dans le travail de mémoire qui est effectué entre nos deux pays, et qui a été largement initié parce qu’il en avait parlé en novembre dernier, par le député Cédric Villani.

Ce sont donc l’ensemble des liens qui unissent nos deux pays qui seront renforcés par la mise en place de ce groupe d’amitié, je veux adresser tous mes vœux de réussite dans vos travaux que je souhaite les plus fructueux pour les relations entre nos deux pays, qui sont des relations non seulement d’Etat à Etat, mais de nation à nation, et de peuple à peuple.

Je souhaite que les échanges avec vos homologues de l’assemblée nationale française soient les plus riches possibles dans tous les domaines, et je peux d’ores et déjà vous assurer que vous trouverez au sein de l’ambassade de France à Alger tout l’appui et le soutien dont vous aurez besoin.

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publié le 24/09/2018

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